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La France reste importatrice de pétrole brut et de produits raffinés : les stocks de sécurité offrent un amortisseur temporaire aux ruptures d’approvisionnement, sans supprimer cette dépendance.
Pour les entreprises, l’enjeu est la continuité d’activité ; le dispositif décrit par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ne vise pas à intervenir sur les prix.

Le raffinage national coexiste avec un besoin d’importations

Selon les données provisoires du Service des données et études statistiques (SDES), les importations françaises de brut atteignent 46,9 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) en 2025, en hausse de 3 % sur un an.
Ce périmètre couvre la métropole et les cinq DROM ; l’Amérique du Nord fournit 23 % des approvisionnements.

La production nationale de produits raffinés, nette de la consommation des raffineries, progresse parallèlement de 3,6 %, à 48 Mtep.
Le solde importateur de produits raffinés reste toutefois positif, à 17 Mtep.
Ces indicateurs éclairent deux dimensions distinctes : l’approvisionnement extérieur en matière première et la transformation industrielle sur le territoire.
La hausse de la production raffinée ne suffit donc pas à caractériser l’indépendance pétrolière française : les échanges de produits transformés restent eux aussi importateurs nets.

Les réserves répondent aux interruptions temporaires

L’AIE prévoit une obligation minimale de stocks équivalant à 90 jours d’importations pétrolières nettes, dont les exportateurs nets sont exemptés.
Elle classe la France parmi les pays associant stocks d’agence et stocks industriels obligatoires.
Les réserves admissibles peuvent comprendre du brut et des produits raffinés.

Raffiner et stocker remplissent ainsi des fonctions complémentaires : transformer les approvisionnements, puis disposer d’un amortisseur mobilisable face à une perturbation grave.
Pour apprécier la continuité économique, cette distinction compte autant que les volumes importés.
Le seuil réglementaire de 90 jours ne mesure cependant pas une autonomie française effectivement disponible.
Il décrit une obligation de couverture, sans garantir une baisse des coûts pour les entreprises.

Sources

SDES — Pétrole, Chiffres clés de l’énergie, édition 2026 : données provisoires 2025, page sans date de publication affichée.

AIE — Oil security and emergency response : page institutionnelle sans date de publication affichée.

Photo : Christian Ferrer — CC BY-SA 3.0 (image adaptée)